« Gestion pandémique : entre réaction à outrance et négligence ordinaire »

Séminaire « Scènes de la division politique » 2020-2021

Mardi 17 novembre 2020

Nous essayons ici de prolonger la réflexion entamée le mois dernier. Comme le soulève Bernard dans son texte « crime d’état » publié sur terrestres. Pour « la logique de la valorisation du capital, les gouvernants sacrifient à la fois les libertés et les vies »[1].

Publié sur le site du séminaire “Scènes de la division politique”

En mars 2020, l’économie mondiale a soudainement basculé de la coordination par le marché et la liberté individuelle d’entreprendre à des formes d’économie centralisée, et planifiée. Comme le décrit Mario Tronti à propos d’autres époques, lors de moments de crise, l’État se constitue en « capitaliste collectif idéel » contre les initiatives des capitalistes individuels et déterminent les réorganisations et restructurations du système productif. La période du confinement a été cette période de temps pris par la classe capitaliste pour réorganiser la situation afin de relancer l’économie tout en composant avec l’incertitude radicale provoquée par le coronavirus de la COVID-19, inconnu jusqu’alors. C’était sidérant. « Chaque soir on lisait les chiffres de morts comme on lit un bulletin de guerres »[2]. La situation a été effrayante et l’est encore, quoique bien différemment. La menace d’une infection par les particules virales invisibles était partout en mars. Elle nous était également imposée par le vocabulaire guerrier, l’interruption du confinement au nom de la vie de chacun, « quoiqu’il en coûte » (a dit Macron à l’époque).